Manifestations de la place Tian'anmen

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Événements:
10Liste
Date de l'événement:
04.06.1989
Information additionnelle

Les manifestations de Tian'anmen se déroulèrent entre le 15 avril 1989 et le 4 juin 1989 sur la place Tian'anmen à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine. Elles se sont conclues par une vague de répression, parfois englobée sous l'expression de massacre de la place Tian'anmen. Elles prirent la forme d’un mouvement d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois, qui dénonçaient la corruption et demandaient des réformes politiques et démocratiques. La contestation s'étendit à la plupart des grandes villes, comme Shanghai, et aboutit à Pékin à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la place Tian'anmen. Après plusieurs tentatives de négociation, le gouvernement chinois instaura la loi martiale le 20 mai 1989 et fit intervenir l'armée le 4 juin 1989.

La répression du mouvement provoqua un grand nombre de victimes civiles (de quelques centaines à quelques milliers selon les sources), et de nombreuses arrestations dans les mois qui suivirent. Plusieurs dirigeants politiques favorables au mouvement furent limogés et placés en résidence surveillée, notamment le secrétaire général du Parti communiste chinois, Zhao Ziyang. Par la suite, un coup d'arrêt durable fut porté aux réformes politiques en République populaire de Chine. Le gouvernement expulsa les journalistes étrangers et contrôla strictement la couverture de l’évènement par la presse chinoise. À l'étranger, la répression provoqua une condamnation générale du gouvernement chinois.

Événements

En Chine, ce mouvement est connu sous le nom de « mouvement du 4 juin » (chinois simplifié : 六四运动 ; chinois traditionnel : 六四運動) ou simplement « 6 – 4 » (六四). Cette désignation est calquée sur celle de deux autres manifestations : celle du 4 mai 1919 (nommée le « mouvement du 4 mai ») et celle du 5 avril 1976 (le « mouvement du 5 avril »). Cependant, le terme officiel utilisé par le gouvernement de la République populaire de Chine est « troubles politiques du printemps et de l'été 1989 » (春夏之交的政治風波). Dans le reste du monde, il est appelé « massacre de la place Tian'anmen » (天安門大屠殺), « massacre du 4 juin » (六四大屠殺) ou encore « massacre de Pékin » (北京大屠殺). En France, on parle également du « printemps de Pékin », par analogie avec le Printemps des peuples ou avec le printemps de Prague.

L'expression « 4 juin » étant taboue et censurée, les internautes chinois en ont inventé une autre, « 35 mai », pour contourner cette censure chinoise de l'Internet.

Origines du mouvement

Dans les années 1970, la jeunesse chinoise exprime sa « soif de liberté et d'indépendance » comme lors du manifeste de Canton contre la Révolution culturelle en 1974 ou lors du Printemps de Pékin en 1978 et son Mur de la démocratie. Plusieurs mouvements semblables aux manifestations étudiantes de 1989 se déroulent en 1983, 1985, puis au cours de l'hiver 1986-1987. Au-delà des demandes de réformes politiques, les principales revendications portent alors sur la liberté d'association (création de syndicats étudiants indépendants) et sur la transparence (notamment sur les revenus des cadres et de leur famille).

À partir de la fin des années 1970, la République populaire de Chine est dirigée par Deng Xiaoping, qui a su placer ses fidèles à la tête du PCC et de l'Etat. Deng a notamment convaincu le PCC de moderniser le pays en lançant les « Quatre Modernisations » (industrie, agriculture, sciences et technologies et défense nationale) et en ouvrant le pays aux investissements étrangers. En 1989, ce climat politique relativement ouvert encourage des professeurs de l’enseignement supérieur, des intellectuels et des étudiants à réclamer la « cinquième modernisation », celle de la démocratie et du multipartisme, déjà réclamée lors du printemps de Pékin (1979). Ces intellectuels sont également influencés par la Glasnost mise en œuvre en URSS par Mikhail Gorbatchev. Des étudiants dénoncent l’insécurité qui règne sur les campus, le manque de débouchés et le népotisme en faveur des enfants des membres du Parti. Des enseignants regrettent de ne pas être mieux payés. Des pétitions circulent qui réclament la libération des prisonniers politiques. Vivement réprimées à l'origine, ces idées reçoivent, vers le milieu des années 1980, un accueil plus favorable de la part des réformistes proches de Deng Xiaoping, notamment Hu Yaobang et Zhao Ziyang, secrétaire général et Premier ministre chinois jusqu'en 1987. À l'intérieur du parti communiste chinois, deux lignes s'affrontent à la fin des années 1980. Derrière Deng Xiaoping, certains demandent une accélération des réformes, tant économiques que politiques. À l'opposé, et face à la montée de l'inflation provoquée par la libéralisation des prix, les adversaires traditionnels de Deng Xiaoping, notamment l'économiste Chen Yun, prônent un arrêt des réformes, voire un retour au contrôle de l'État. Jusqu'en 1986, Deng Xiaoping s'entoure principalement de réformistes, notamment Hu Yaobang et Zhao Ziyang.

Cependant, les manifestations étudiantes de 1986-1987 renforcent les partisans d'un arrêt des réformes et poussent Deng Xiaoping à limoger Hu Yaobang, alors secrétaire général du Parti, et à prendre comme Premier ministre Li Peng, un protégé de Chen Yun. L'ancien Premier ministre, Zhao Ziyang, proche de Hu, prend la tête du Parti. La direction chinoise se trouve alors divisée entre deux tendances  : réformistes (avec Zhao) et conservateurs (avec Li). Les dissensions entre ces deux groupes jouent un rôle déterminant dans le mouvement de 1989. Ces divergences au sommet se retrouvent également à l'intérieur de la société. La seconde moitié des années 1980 voit une accélération de l'inflation et une augmentation du chômage, situation qui oppose des ouvriers, souhaitant un retour à l'ancien système, à plusieurs intellectuels, qui, eux, souhaitent une accélération des réformes.

Loi martiale

Au cours de la journée du 19 mai, Zhao Ziyang, favorable à un règlement négocié du conflit, est mis en minorité par les partisans d'une ligne dure, menés par Li Peng avec le soutien de Deng Xiaoping. Ce dernier reproche à Zhao son manque de discipline à la suite du discours qu'il a fait aux étudiants. Ce même soir, Deng signe l'ordre de loi martiale. Un haut gradé de l'armée, refusant de suivre cet ordre, est défait de son rang et envoyé à l'hôpital pour « retrouver sa santé ». Huit autres généraux font montre de leur opposition à la loi martiale mais ne parviennent pas à l'empêcher. Finalement, à travers les haut-parleurs de la place Tian'anmen, Yuan Mu, porte-parole du gouvernement, annonce aux étudiants la proclamation de la loi martiale.

Zhao Ziyang est immédiatement limogé et placé en résidence surveillée où il restera jusqu'à sa mort. Ses proches collaborateurs tombent en disgrâce. Autour de Li Peng se retrouvent le président de la République, Yang Shangkun, et son frère Yang Baibing, très proches de l'Armée populaire de libération. Sitôt après l'annonce, des soldats de la 38e armée, chargée de la défense de Pékin, prennent position autour de la capitale. À Pékin, les étudiants demeurent sur la place et dressent des barrages aux portes de la ville. Le 20 mai, l’armée recule devant les manifestants pacifistes. Chai Ling prend la direction de la coordination étudiante autonome. Le 30 mai, une statue de la « déesse de la Démocratie », rappelant la statue de la Liberté de New York, est érigée sur la place par les étudiants de l'Académie des Beaux-Arts.

Répression et bilan des morts

Répression

Environ 200 000 militaires de 22 divisions provenant de 13 corps d'armée ont été transférés, depuis l'état de siège, dans la région de Pékin devant l'impuissance de la police armée du peuple à juguler les manifestations. Les soldats et les chars de la 27e et 28e armées de l'Armée populaire de libération sont envoyés pour prendre le contrôle de la ville de Pékin. La 27e armée est dirigée par le fils de Yang Shangkun. Lors d'une conférence de presse, le président américain George H. W. Bush annonce des sanctions contre la République populaire de Chine, à la suite des appels à l'action des membres du Congrès tels que le sénateur américain Jesse Helms. Le président se réfère à des renseignements qu'il a reçus, selon lesquels existent une certaine désunion dans les rangs militaires chinois et même la possibilité d'affrontements au sein de l'armée. Les rapports indiquent également que les unités 27 et 28 viennent de l'extérieur car l'Armée populaire de libération des provinces locales est considérée comme sympathisante de la protestation et de la population de la ville. Les auteurs de ces rapports apportent des éléments corroborant la thèse que la 27e armée est la principale responsable des décès de civils. Après son attaque sur la place, la 27e aurait établi des positions défensives à Pékin — non pas destinées à contrer un soulèvement civil, mais comme pour se défendre contre de possibles attaques émanant d'autres unités militaires.

Le chef de station du KGB à Pékin envoie le 4 juin au matin le rapport suivant au directeur du KGB :

« Sont engagés: Au début, des troupes de cinq corps d'armée qui forment la région militaire de Pékin:

  • Le 24e corps d'armée (basé à Chengde, à l'est de Pékin, province du Hebei, qui encercle la région de Pékin) et leur 1re division blindée (Tianjin)
  • Le 38e régiment, état-major à Shijiazhuang (Hebei) dont la 13e brigade de cavalerie (chars)
  • Le 63e corps d'armée (état-major de Taiyuan {Shanxi})
  • Le 65e corps d'armée (état-major de Zhangjiakou, Hebei)
  • Les forces spéciales de protection du gouvernement et des dirigeants: L'unité centrale des gardes (57003) dépendant de la région militaire, sous commandement de la Commission centrale militaire.

Comme la situation s'est aggravée ces derniers jours, les soldats de Pékin ont reçu des renforts de régiments de la région militaire de Lanzhou (contrôlant les districts militaires du Shaanxi, Gansu, Qinghai, Ningxia et du Xinjiang)

  • Le 21e corps d'armée, régiment de la région militaire de Lanzhou, basé a Baoji (Shaanxi)
  • Les unités spéciales 84835 (Qingtongxia, province de Ningxia)
  • Des unités arrivant de Hohhot (Mongolie-intérieure)
  • Des régiments de défense des gardes-frontières qui dépendent du Gonganbu
  • La brigade no 205 avec des Ouïgours et des Mongols
  • Des unités de la police armée populaire

À noter que les chars qui tiraient sur les soldats de la région militaire de Pékin appartenaient au 21e corps d'armée. Ils se sont affrontés notamment à des blindés de la 6e division appartenant au 38e corps d'armée. »

Alors que la rumeur se répand selon laquelle des centaines de milliers de soldats se rapprochent des quatre coins de la ville, les Pékinois envahissent les rues pour leur barrer la route, comme ils l'avaient fait deux semaines auparavant. Les gens érigent des barricades à chaque grand carrefour. Les manifestants brûlent des bus publics et les utilisent comme barrages routiers. Vers 10 h 30, près des immeubles de Muxidi (qui abrite les hauts fonctionnaires du Parti et leurs familles), les manifestants hurlent à l'encontre des soldats et certains leur jettent des pierres. Une colonne de véhicules est incendiée alors qu'elle tente de briser les barricades. Puis les soldats commencent à tirer à balles réelles sur les manifestants. Certaines personnes sont touchées dans leurs appartements. Les combats se poursuivent dans les rues qui entourent la place, les manifestants avançant à plusieurs reprises vers l’Armée populaire de libération (APL) et construisant des barricades avec des véhicules, tandis que les chars de l'APL forcent le passage, tirant à l'aveugle. Beaucoup de blessés sont sauvés par des conducteurs de rickshaw qui se sont aventurés dans le no man's land séparant les soldats et la foule, et conduisent les blessés dans des hôpitaux. Après l'attaque, la couverture télévisée montre en direct de nombreuses personnes portant un brassard noir en signe de protestation, la foule occupant les boulevards, ou encore s'attarde sur des véhicules ou des barricades encore fumantes. En quelques occasions, des officiers sont extraits des chars, puis battus, voire tués par les manifestants.

Pendant ce temps, l'APL établit systématiquement des postes de contrôle autour de la ville, poursuivant les manifestants et fermant l'accès du quartier universitaire. Sur la place elle-même, un débat s'instaure entre ceux, y compris Han Dongfang, qui veulent se retirer pacifiquement, et ceux qui, comme Chai Ling, souhaitent rester sur la place. Vers 1 h 00, l'armée atteint la place Tian'anmen et attend les ordres du gouvernement. Les soldats ont pour consigne de ne pas ouvrir le feu, mais aussi d'évacuer la place avant 6 h 00 — sans exception ou retard. Ils font une dernière offre d'amnistie, valable si les quelques milliers d'étudiants restants se retirent. Vers 4 h 00, les leaders étudiants soumettent la question à un vote : quitter la place, ou rester et en subir les conséquences. Les transports de troupes blindés sillonnent les routes, tirant vers l'avant et sur les côtés. Des affrontements (tirs d'artillerie notamment) opposent aussi, selon le général Eyraud, ancien attaché militaire en Chine, la 27e et la 38e armées. Cela conforte l'idée que les divisions de la société chinoise n'épargnent pas l'armée. La reporter de la BBC Kate Adie parle de « tirs à l'aveugle » sur la place. Le journaliste Charlie Cole, témoin oculaire des événements, voit lui aussi des soldats chinois tirer dans la foule avec des fusils d'assaut de type 56 près d'un blindé venant d'être incendié, son équipage tué, de nombreux civils sont atteints. Les étudiants cherchant refuge dans des autobus en sont extraits par des groupes de soldats et battus à coups de matraque. Même ceux qui tentent de quitter la place sont assiégés et battus. Les meneurs, dont certains ont tenté d'ériger des barricades de fortune devant les blindés, déclarent avoir « supplié » les étudiants de ne pas utiliser d'armes (comme des cocktails Molotov) contre les soldats. Entre-temps, de nombreux étudiants, semble-t-il, hurlent : « Pourquoi nous tuez-vous ? » Vers quatre ou cinq heures le matin du 4 juin, Charlie Cole déclare avoir vu des chars investissant la place, broyant indifféremment véhicules et personnes. À 5 h 40 le 4 juin, la place est vidée. Le matin du 5 juin, des manifestants tentent de pénétrer sur la place qui reste interdite et sont abattus par les soldats leur tirant dans le dos lorsqu'ils prennent la fuite. Ces faits se répètent à plusieurs reprises. Dans les jours qui suivent, l'armée occupe Pékin, des affrontements sporadiques ont encore lieu la nuit. Le mouvement étudiant est également réprimé en province et une purge sévère est menée dans tout le pays.

La répression est immortalisée dans les médias occidentaux par des séquences vidéo et des photographies devenues célèbres, telle celle de « l'homme de Tian'anmen » ou « Tank Man ». C'est un homme seul, vêtu d'une chemise blanche, debout devant une colonne de chars qui tente de quitter la place. Prise le 5 juin, alors que la colonne approche d'une intersection sur l'avenue Chang'an (avenue de la Paix éternelle), la séquence montre l'homme sans arme au beau milieu de la rue, arrêtant la progression des blindés. Comme le conducteur de char tente de le contourner, « Tank Man » se déplace selon sa trajectoire, continue de défier la colonne pendant quelques instants, puis grimpe sur la tourelle du char de tête afin de parler aux soldats. Après son retour à sa position initiale, l'homme est tiré sur le côté par un groupe de personnes, dont l'identité divise les témoins oculaires. Témoin de ce face-à-face, Jan Wong est convaincue que ce groupe est constitué de citoyens voulant l'aider à fuir, tandis que le journaliste Charlie Cole estime que « Tank Man » a probablement été exécuté après avoir été enlevé par la police secrète, hypothèse s'appuyant sur le fait que jamais le gouvernement chinois ne pourra le présenter pour faire taire les protestations. Le magazine Time l'appelle le « rebelle inconnu » ; l'homme est plus tard cité parmi les 100 personnes les plus influentes du XXe siècle. Le tabloïd britannique Sunday Express rapporte qu'il s'agirait d'un étudiant de 19 ans du nom de Wang Weilin, mais la véracité de cette affirmation est discutable. Dans un discours prononcé devant le Club du Président en 1999, Bruce Herschensohn — ancien assistant spécial du président Richard Nixon — a indiqué qu'il aurait été exécuté 14 jours plus tard. Dans Le Blues de la Chine rouge : ma Longue Marche de Mao à maintenant, Jan Wong écrit que l'homme est toujours vivant et se cache en Chine continentale. La dernière déclaration officielle du gouvernement de la RPC sur « Tank Man » vient de Jiang Zemin lors d'une interview de 1990 avec Barbara Walters. Interrogé sur son sort, Jiang a répondu que, selon lui, le jeune homme n'a pas été tué. Après la vague de coercition à Pékin du 4 juin, les manifestations se poursuivent dans une grande partie du pays pendant plusieurs jours. Hong Kong est également touchée, la population arbore à nouveau la couleur noir en signe de protestation. D'autres manifestations sont signalées à Guangzhou ou, sur une plus grande échelle, à Shanghai, associée à une grève générale. On manifeste également à l'étranger, où le brassard noir est de rigueur. Toutefois, le gouvernement reprend rapidement le contrôle. S'ensuit une purge politique au cours de laquelle des fonctionnaires ayant organisé ou toléré les manifestations sont démis de leurs fonctions, et les dirigeants étudiants emprisonnés. Selon Amnesty International, au moins 300 personnes ont été tuées le 5 juin dans la ville de Chengdu. À Chengdu, les troupes utilisent contre les civils des grenades assourdissantes, des matraques, des couteaux et des aiguillons électriques destinés au bétail. Les hôpitaux ont ordre de ne pas accepter les étudiants et, la seconde nuit, le service ambulancier est arrêté par la police.

L'explication officielle donnée par le gouvernement est que la majorité des manifestants étaient des criminels et des voyous, sans lien avec les étudiants, et que l’armée est intervenue pour sauver le socialisme en Chine. Selon d'autres sources, ce sont en majorité de jeunes étudiants qui ont participé au mouvement. Le fait qu'un nombre important d'étudiants aient été arrêtés dans les jours suivant les évènements du 4 juin semble corroborer cette dernière thèse. Selon le gouvernement, le seul endroit où les étudiants étaient majoritaires en 1989 était la place Tian'anmen, où étaient braquées toutes les caméras accourues pour filmer l'arrivée de Gorbatchev. Dans toutes les autres villes, Changsha, Xi'an, Taiyuan, Urumqi, etc., ce sont des ouvriers, des chômeurs, des lycéens, des travailleurs migrants, des voleurs, des anonymes qui ont « conduit » le mouvement. Les étudiants de Pékin n'étaient que la minorité que les gouvernants ont tenté de récupérer par la négociation.

Nombre de morts

Le nombre de morts et de blessés demeure incertain en raison des grandes divergences entre les différentes estimations. Des Pékinois et des journalistes rapportent que les troupes ont brûlé de nombreux corps pour détruire la preuve des massacres. Certaines des premières estimations sont fondées sur des rapports de la Croix-Rouge chinoise qui font état d'un chiffre de 2 600. Cependant, cet organisme nie avoir jamais fourni un tel chiffre. Selon un rapport de Frontline de PBS, ce chiffre a rapidement été écarté sous la pression du gouvernement, qui, lui, avance le chiffre de 241 morts, dont des soldats, et de 7 000 blessés.

Selon l'analyse de Nicholas D. Kristof du New York Times, « le véritable nombre de décès ne sera probablement jamais connu, et il est possible que des milliers de personnes ont été tuées sans laisser de preuves. Mais en se fondant sur les preuves qui sont désormais disponibles, il semble plausible que près de cinquante soldats et policiers ont été tués, ainsi que de 400 à 800 civils ». Le gouvernement soutient qu'il n'y a pas eu de victimes sur la place Tian'anmen proprement dite, bien que les vidéos prises à l'époque aient enregistré des coups de feu. Le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil d'État font valoir que les statistiques de base sont les suivantes : « Cinq mille soldats et officiers de l'APL blessés, et plus de deux mille personnes (en regroupant les étudiants, les Pékinois, et les émeutiers) ont également été blessés ». Des commentateurs chinois font remarquer que ce déséquilibre évident dans le nombre de blessés remet en question la compétence militaire de l'APL. Ils précisent également que personne n'est mort sur la place Tian'anmen. Yuan Mu, le porte-parole du Conseil d'État, indique qu'un total de 23 personnes sont mortes, pour la plupart des étudiants, avec un certain nombre d'autres personnes qu'il qualifie de « bandits ». Pour Chen Xitong, maire de Pékin, 200 civils et plusieurs dizaines de soldats sont morts. D'autres sources font état de 3 000 civils et 6 000 soldats blessés. En mai 2007, le membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois en provenance de Hong Kong, Chang Ka-mun, précise qu'entre 300 et 600 personnes ont été tuées sur la place Tian'anmen. Il ajoute qu'« il y avait des voyous armés qui n'étaient pas étudiants ».

Selon Jay Mathews, qui était le premier chef de bureau du Washington Post à Pékin, « quelques personnes ont pu être tuées par des tirs aveugles dans les rues près de la place, mais tous les témoignages avérés considèrent que les étudiants qui restaient sur la place lorsque les troupes sont arrivées étaient autorisés à la quitter paisiblement. Des centaines de personnes, en majorité des travailleurs et des passants, moururent cette nuit-là dans le reste de la ville ».

Dans son bilan du massacre, l'ambassadeur américain James Lilley note que les diplomates du département d'État américain ont vu les troupes ouvrir le feu sur des gens désarmés. Ces derniers, se fondant sur les visites effectuées dans les hôpitaux à la périphérie de Pékin, avancent le chiffre de plusieurs centaines de morts. Se focaliser sur les décès de la place Tian'anmen ne donne pas, en soi, une image exacte du carnage et de leur nombre global, des civils ayant été visés par des tirs dans les rues adjacentes. En outre, selon leur propre témoignage, des étudiants auraient été victimes de tirs après avoir quitté la place, en particulier dans la zone proche de la salle de concert de Pékin.

Estimations du nombre de décès provenant de différentes sources, par ordre décroissant :

  • 10 000 morts (dont des civils et soldats) - Union soviétique ;
  • 7 000 décès - OTAN ;
  • 4 000 à 6 000 civils tués, mais personne ne sait vraiment le chiffre exact - Edward Timperlake ;
  • plus de 3 700 tués, à l'exclusion des disparitions ou des décès secrets et ceux privés de soins médicaux - transfuge de l'APL citant un document circulant parmi les officiers ;
  • 2 600 décès officiels dans la matinée du 4 juin (Chiffre révisé par la suite) - Croix-Rouge chinoise. Un officiel anonyme de la Croix-Rouge chinoise estime, qu'au total, 5 000 personnes ont été tuées et 30 000 blessées ;
  • près de 1 000 morts, selon Amnesty International et certains des participants de la protestation, tel que rapporté dans un article du Time. D'autres déclarations d'Amnesty International font mention de plusieurs centaines de morts. Liu Xiaobo le futur prix Nobel de la paix était présent sur place. Il estime aussi à 1 000 le nombre des victimes  ;
  • 300 à 1 000 selon un diplomate occidental à partir des estimations compilées ;
  • 400 à 800 plausibles selon le journaliste du New York Times. Il a développé cette estimation en utilisant l'information du personnel hospitalier et des médecins, et d'un « responsable médical avec des liens dans la plupart des hôpitaux » ;
  • 727 dont 14 soldats selon Zhang Wanshu, ancien dirigeant de l'agence Xinhua ;
  • entre 180 et 500 blessés, selon un document déclassé de la NSA qui se réfère aux estimations des premières victimes ;
  • 241 morts, dont des soldats, et 7 000 blessés, selon le gouvernement chinois ;
  • 186 morts formellement identifiés confirmés à la fin de juin 2006 - Professeur Ding Zilin des Mères de Tiananmen. La liste des Mères de Tiananmen comprend des personnes dont le décès n'est pas directement imputable à l'armée, comme une personne qui s'est suicidée après l'incident du 4 juin.

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